*J'ai pas besoin de toi, pas besoin de tes bras, surtout ne te retourne pas...*

*J'ai pas besoin de toi, pas besoin de tes bras, surtout ne te retourne pas...*
XI

*** Alice, c'était moi Alice. Qui je suis maintenant ? Je suis un vide, une absence à moi toute seule. Je n'ai plus de force et pourtant je dois affronter le quotidien. Qu'est-ce qu'il me fait mal celui là d'ailleurs. J'ai le c½ur un peu brisé, un peu griffé, peut-être cabossé. Je veux redevenir comme avant, celle qui sourit, celle qu'on aime bien. J'aime pas être la vulnérable, celle qui a du mal à tenir debout, celle qui a besoin d'aide. Et quand tout ça sera fini, est-ce que je vais devoir réapprendre ? Réapprendre à être gentille avec les autres, à me taire face à leurs conneries, à ne pas me laisser tomber. Comment peut-on apprendre à penser à soi ?
***Alors, je m'imagine. Je me vois dans quelques mois, je suis forte et heureuse, folle et souriante. Je saute, je ris, je cris, je pense, je danse. Je n'ai plus peur de rien, je peux recommencer à aimer, je peux même pleurer de joie. Tout ira bien. Je serai enfin guérie, je tournerai la page comme on ferme une porte. J'attends. J'attends ce moment avec impatience. Je l'attends si fort.
*** Ce n'est pas facile non plus pour Quentin. Il me voit détruite, impuissante, vidée de toute substance heureuse. Comment aimer ce débris, ce morceau de femme à l'abandon ? Elle est parfois cruelle cette vie quand elle perd le sens de l'humour et qu'elle nous fait vivre les moments qu'on n'avait même pas osé s'imaginer. Dis-moi que tu m'aimes Quentin, dis-moi qu'on peut ressentir quelque chose pour moi. Montre-moi que la vie peut me faire un peu de bien après tout. Comment ça se décide tout ça ? Où ça se trouve les sentiments ? Vas-y ouvre ton corps, fais-le, je veux comprendre. Pourquoi c'est invisible ? Mais ça doit être chimique quand même, dois y avoir quelque chose de matériel, une équation qu'on pourrait réajuster à sa guise, non ? J'en sais rien. Comment ça se finit l'amour à l'intérieur ? Je ressens quelques fois cette chose qui vient, qui circule dans tout mon corps quand il est là. Cette sensation qui me pousse à aller de l'avant, qui m'amène sur une autre route. Je peux l'aimer Quentin, tout ne s'est pas encore fermé en moi. C'est effrayant.
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# Posted on Sunday, 20 December 2009 at 1:53 PM

*Je sais plus si c'est moi ou si c'est ce foutu miroir*

*Je sais plus si c'est moi ou si c'est ce foutu miroir*
Comment c'était déjà, comment c'était...

***«J'm'en fous J'ai 18 Ans . Vous aimeriez en dire autant . Tout m'effraie, rien ne m'arrête, j'aime la vie et j'me déteste. J'm'en fous J'ai 18 Ans et je ferais avec ou sans. Je broie du noir dans ma chambre Rose. J'mets de l'espoir dans des tas de causes. J'm'en fous j'ai 18 Ans et dire qu'on me prend pour une enfant. J'fais le tour du monde dans ma petite tête. Mon coeur qui gronde j'en fais des miettes...»


***«Si je ris comme tous ces gens, gentiment montrer ses dents, saluer comme on insulte, faire l'amour comme on exulte. Si je bois et si je noie ma chaude peine dans mon sang-froid. Si je saigne et si je signe de mes larmes ton coeur indigne. Si je me brise aussi souvent pour une bise un mauvais vent, si le soleil ne m'atteint pas, si le sommeil ne m'éteint pas. Si mes lèvres traînent mes chagrins, Mes regrets de tout et de rien. Si mes rêves traînent le matin, Au lieu de vivre je me souviens... »


***«Je fais aller, je fais courir de fausses idées, un faux sourire. J'ai des problèmes d'apesanteur, je sens qu'le ciel écrase mon coeur... »


***«S'il vous plait, s'il y a encore quelque chose que vous aimez. Ne partez pas, dehors il pleut! Attendez encore un peu que le ciel s'éclaircisse la voix. Ne partez pas comme ça...»

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# Posted on Thursday, 17 December 2009 at 1:29 PM

Edited on Thursday, 17 December 2009 at 1:57 PM

*Je sens que c'est bizarroïde, quelque chose cloche. Tu lâches ma main, tu glisses, tu tombes dans le vide*

*Je sens que c'est bizarroïde, quelque chose cloche. Tu lâches ma main, tu glisses, tu tombes dans le vide*
*
*

***-T'es sûr que ça va Alice ? T'as pas l'air bien.
***Oui Maman, je n'ai pas l'air bien. J'étais entrain de pleurer, de pleurer pour toi et pour tous mes cauchemars. Mes joues doivent être un peu rouge, la peau sous mes yeux un peu sèche, un peu grisée par les traces de mascara que je n'ai pas su enlever. Et ces cernes Maman, tu les vois c'est ça ? Ma nuit, c'est des cauchemars maintenant. Je prends du temps à me réveiller car chaque jour pour moi commence à être une épreuve. En réalité, j'ai l'impression de descendre chaque jour d'un étage. Puis, ça se voit dans mes yeux c'est ça ? C'est l'image que je renvoie ? Je commence à me dire "Alice, rend toi à l'évidence, quelque chose a changé mais tu ne peux pas le voir".
-Je suis juste entrain de travailler Maman.
***Pourtant, j'avais envie de tout lui dire, de tout déverser dans ses bras. Je suis passée juste à côté. Ce sera pour une prochaine fois, le jour où je ne pourrai plus tenir. Il faut que je m'entraîne à fermer ce coeur, à tenir devant Maman et les autres comme je tiens devant Grand-mère. On va peut-être alors arrêter de dire "Alice, t'es sûr qu'elle va bien depuis quelques temps? C'est Quentin? Sa famille? C'est bizarre en tout cas". Oui, c'est bizarre la tristesse, c'est étrange la mort.
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# Posted on Wednesday, 09 December 2009 at 11:28 AM

Edited on Wednesday, 09 December 2009 at 11:54 AM

*Ainsi vont les rêves que l'amour abandonne...*

*Ainsi vont les rêves que l'amour abandonne...*
J'aime. J'aime pas. On ne peut pas m'aimer. C'est cette broyeuse comme il le dit si bien, ce sont ces choses invisibles qui finissent toujours par m'avoir. Une fin? Pas de fin pour le moment. Des cris? Toujours plus fort. Fuir? Pas le courage encore, je laisse ça pour mes rêves. Pour aller où? Autre part, loin de tout ça. L'automne des sentiments. Cette bulle que j'aimerai tellement éclater. Tomber pour tout oublier. Le silence pour me préserver de leurs regards. Oui, c'est fini, je ne parle plus maintenant. Ecrire? Le temps me manque, écrire quoi, pour qui, écrire bien? Arracher celle que je suis. Aller mieux?
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# Posted on Saturday, 05 December 2009 at 5:29 AM

Edited on Saturday, 05 December 2009 at 2:11 PM

*Des larmes, des larmes de joie ? Mais pourquoi pleure-t-on quand on est heureux ?*

*Des larmes, des larmes de joie ? Mais pourquoi pleure-t-on quand on est heureux ?*
*







***Je ne sais pas si je suis une fille, une petite fille, une mère ou plus que ça. (...)Existe-il encore quelqu'un pour me protéger ? Je deviens adulte, c'est peut-être ça. On ne cherche plus à me cacher la vérité, je me la reçois en pleine figure, le monde n'est plus parfait. C'est dommage...
***Dans tous les cas, ce monde avance, les journées passent les unes après les autres et ma vie passe au ralenti. L'avenir me paraît tellement loin, inaccessible. Alice, où est-ce que tu en es dans ta vie ? Où sont tes repères ? Plus tard, mais qu'est-ce qu'il y aura plus tard ? C'est quoi plus tard ? C'est demain, dans trois ans ? Quelle vie m'attend ? Grand-mère sera encore là ? Je compte les jours quelques fois, je tente d'apercevoir une image, un signe qui m'annoncerait un changement, un bouleversement, une raison d'espérer. En ce moment, c'est plutôt l'avalanche, l'imprévu qui nous enfonce dans un autre quotidien, enseveli sous ces problèmes qu'on n'attendait pas. (...)
***Comment une seule seconde peut-elle mettre autant de bordel dans une vie ? Quelque chose se brise en moi. Quand est-ce qu'on retrouvera la paix ? Quand est-ce que Papa et Maman seront heureux ? Est-ce que Laurine sera guérie ? C'est comme un tourbillon, nos vies s'effondrent et on ne peut rien y faire. Je grandis, c'est pire que ça, je deviens adulte. Peut-être même que je le suis déjà.

# Posted on Sunday, 29 November 2009 at 4:24 AM

Edited on Sunday, 29 November 2009 at 4:38 AM

*Je croyais qu'il suffisait de t'aimer...*

*Je croyais qu'il suffisait de t'aimer...*
« Je ne sais pas si le c½ur est le siège de l'amour, le moteur ou l'usine des sentiments que décrivent les poètes ou les revus du marché de l'intime. Ce que je sais aujourd'hui c'est qu'il est bien concerné par tout ce qui touche à l'amour. Combien de pincements, de serrements aigus, d'étreintes noires et étouffantes m'ont saisi depuis que tu m'as quitté ! J'ai besoin de réfléchir, de prendre du recul, de trouver un autre chemin de vie, sans toi. Ce jour-là, j'ai cru imploser, quelque chose éclatait, et en même temps se rétractait, se dissolvait, là justement dans ma poitrine au niveau du c½ur. J'ai bien senti à ce moment précis, que là se tenait l'amour. L'amour en colère comme l'amour mendiant, l'amour scintillant comme l'amour heureux. Je pressentais que je te perdais et je ne voulais pas le croire. Comment vivre le plus de vie possible sans toi, comment ne pas rétrécir, m'amputer, me lobotomiser sans ta présence, ton regard, ton rire ou ton écoute ? J'ai pris, durant cette période, plus de décisions que dans toutes mes vies antérieures. Je m'appuyais pour les prendre sur une phrase toute bête qui avait le don de renforcer mon incohérence. Cette phrase idiote et nécessaire était à peu près la suivante : « Bon, puisque c'est comme ça, je dois... je vais... il faut que... ». Et fort, de cette déduction débile, je prenais la décision de ne plus t'appeler au téléphone ou celle encore plus difficile, de ne plus accepter un projet de rencontre avec toi. Et puis l'instant d'après, j'oubliais tout simplement. »
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# Posted on Wednesday, 25 November 2009 at 6:35 AM

Edited on Saturday, 28 November 2009 at 4:19 PM

*Il était temps...*

*Il était temps...*
V

***On est à l'hôpital avec Maman. Les portes de l'ascenseur s'ouvrent, on se dirige vers la chambre de Grand-mère. J'ai accepté finalement, en réalité c'est même moi qui ait demandé à venir. Dans le couloir, je me prépare au pire, Maman me dit que je ne vais sûrement pas la reconnaître, et qu'elle ne va peut-être pas me reconnaître tout de suite. J'ai peur, j'appréhende, Grand-mère je t'en prie reconnais-moi.
***Maman me dit que c'est ici, Grand-mère est au fond de la pièce, près de la fenêtre, assise dans un fauteuil. Je l'aperçois, puis tout en parcourant la pièce, je la regarde avec un sourire. Elle a changé, elle n'a plus son maquillage, elle est amaigrie, ses cheveux sont plus longs naturellement, un peu en bataille, mais elle est toujours aussi belle qu'avant car la beauté n'est pas qu'une apparence, elle est aussi le reflet du c½ur. Maman l'embrasse en gardant le sourire, lui dit bonjour, puis elle se met à côté de moi, mets ses bras autour de moi et lui dit :
« - Je suis venue avec Alice aujourd'hui, tu te souviens d'Alice ? »
***Le sourire toujours aux lèvres, je regarde Grand-Mère dans les yeux, et elle ne dit rien. Une seconde, deux secondes, trois secondes, Grand-mère dis quelque chose.
« -Mais bien sûr que je la reconnais dit donc ! ».
***Elle m'a fait rire, cela semblait si évident pour elle, je ne pensais pas. Cela faisait deux mois qu'elle ne m'avait pas vue, juste avant l'accident. J'ai tellement envie de la prendre dans mes bras mais je ne peux pas, alors je m'approche, je caresse sa main, tout doucement, sans rien dire. Tant de choses se bousculent, je ne sais pas par quoi commencer : lui raconter mon quotidien, lui donner des nouvelles de Laurine, lui dire combien elle me manque ? Maman lui demande comment elle va, sa voix est remplie de tendresse, d'amour, je ne l'avais encore jamais vue parler de cette façon. Le c½ur de Maman est tellement grand, tellement fort. Puis, Grand-mère répond tout près de son oreille car elle n'a presque pas de voix mais j'entends quand même quelques bouts de phrases. Au début tout avait l'air concret mais au fur à mesure ses phrases n'ont plus eu de sens. Maman m'avait prévenu, mais elle en rit pour ne pas inquiéter Grand-mère, elle lui répond même un peu pour la rassurer. Je me demande ce qui se passe dans sa tête, où sont ses souvenirs, comment elle voit les choses, si elle reste uniquement dans le vide, si elle s'imagine un autre monde.
***Je m'assois sur le lit de Grand-mère, elle me regarde fixement. Je suis gênée, alors je tente de regarder ailleurs, de détourner l'attention mais elle me regarde toujours et me dit :
« -Chérie... ».
*** Elle me reconnaît, j'en suis sûre. Même si elle n'a pas dit mon nom, elle se souvient, elle sait qui je suis pour elle et c'est tout ce qui compte. Elle m'observe, sa mémoire revient ou en tout cas ma présence fait peut-être remonter des choses à la surface, je ne sais pas. Un seul mot et j'ai cette impression d'exister. Je sens même quelques larmes montées, mais je me retiens, je veux qu'elle voit mon sourire, je ne veux pas laisser transparaître une seule marque de faiblesse. Puis Maman et moi lui racontons des petites anecdotes, des petites bêtises faites par-ci par-là pendant qu'elle enlève ses pantoufles. Elle n'a pas conscience de ce qu'elle fait, je le sais, mais il reste une part de vérité, tout n'est pas perdu, les sentiments ne peuvent pas s'envoler comme ça. Et les souvenirs ? Je me sens bien auprès d'elle, j'insiste même pour rester un peu plus longtemps puis je propose à Grand-mère et Maman d'amener des photos la prochaine fois. Peut-être qu'elle se souviendra, peut-être qu'elle sera heureuse de nous voir à ses côtés même si plus rien ne sera comme avant.
*** Les heures de visites sont déjà terminées, on va devoir s'en aller. Je ne veux pas, je veux rester là Maman mais on n'a pas le choix. Je remets mon manteau, je le ferme pour ne pas avoir froid, j'attends que Maman fasse un bisou à Grand-mère puis c'est à mon tour. Je l'embrasse, je prends sa main dans les miennes et je lui dis « je t'aime ». Je ne sais pas si elle comprend mais je mets mon c½ur à nue pour elle. Depuis combien d'années je ne lui avais pas dit « je t'aime » ? Cinq ans, six ans ? Qu'on est con à vouloir grandir et se construire une forteresse autour des sentiments. Je l'embrasse une deuxième fois, il est temps de partir. Au revoir Grand-Mère, je lui fais signe, elle sourit un peu puis regarde déjà par la fenêtre. Elle semble fatiguée, elle va se reposer maintenant.
***On reprend l'ascenseur avec Maman, elle me dit que Grand-mère allait mieux qu'il y a quelques jours encore. Je suis heureuse, je ne regrette pas d'être venue, elle me manque déjà mais j'ai déjà peur pour l'après, cela ne sera pas éternel. On ne sait pas combien de temps il reste encore. Une semaine, un mois peut-être. Tout ce que je sais, c'est que je ne passerai pas Noël avec elle. Ce sera le premier Noël sans Grand-mère. Ce ne sera plus pareil, j'ai déjà mal au c½ur rien que d'y penser. Je reviendrai Grand-mère, je reviendrai.
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# Posted on Wednesday, 18 November 2009 at 8:29 AM

Edited on Wednesday, 18 November 2009 at 2:45 PM